Un bivouac face au Mont-Blanc - Louise Voyage

2020 fut une année compliquée sur beaucoup de points, et cet article marque la fin d’une longue relation. Je vais avoir du mal à imaginer mes prochaines aventures sans lui, car malgré les difficultés la montagne nous rapprochait. C’est lui qui m’a accompagné pour ma première course d’alpinisme et qui m’a fait faire mes premières longueurs en escalade. J’ai progressé et pris confiance en moi, et j’ai aussi vue mes limites. Voici donc le récit de notre dernier bivouac en aout dernier.

Bivouac au refuge de Bellachat

C’était une journée entre potes. L’après-midi nous étions à la Flegère pour faire la nouvelle Via Ferrata des Evettes à Chamonix (qui est bien cool !). Dans la voiture, tous le matos était prêt pour le bivouac du soir. Nous sommes au mois d’aout et il a fait très chaud toute la journée. Le ciel est dégagé, c’est un temps parfait pour un bivouac. Cet été fut chaotique physiquement, et pouvoir faire cette sortie en montagne me rend heureuse !

Nous devons atteindre le refuge de Bellachat avant le coucher du soleil. Départ du parking de Merlet vers 16h30. On prépare nos sacs et nous entamons la montée sur le goudron avant d’emprunter rapidement un sentier forestier. Julian porte la tente et pas mal de matos, moi je suis plus légère 🙂 On sait déjà que nous allons manquer d’eau et on espère croiser des torrents pour remplir les gourdes. Le sentier grimpe entre les sapins, on aperçoit Chamonix en contrebas. Une course contre la montre commence. La lumière s’apaise et l’ombre des montagnes commencent à s’étirer. Je résiste à l’envie de faire des photos, il faut garder le rythme, et la vue sera bien plus belle là-haut.

Les résineux font ensuite place aux pelouses alpines et leurs petites fleurs. On croise plusieurs torrents, mais ils sont tous asséchés. Il fait bien trop chaud pour la saison et c’est inquiétant ! La vue se dégage et l’ombre s’avance sur le fond de la vallée. Le Mont Blanc semble vraiment tout proche. La randonnée est courte mais grimpe fort (comme souvent en montagne !). Nous arrivons au refuge vers 18h30. On s’arrête quelques instants pour faire des photos et prendre de l’eau, mais notre emplacement de bivouac se trouve un peu plus haut. Plusieurs tentes sont déjà en place, on se met à chercher l’emplacement idéal ! Julian trouve un coin vraiment chouette et plat ! On dormira bien ! On monte rapidement la tente avant de commencer à vadrouiller pour profiter de la magnifique vue. C’est l’un des plus beaux panoramas sur le massif du Mont-Blanc et les aiguilles de Chamonix !

Le temps passe vite ici. J’observe les jeux de couleurs qui évoluent au fil du temps. On est seul, et je me sens bien ici avec lui. Les problèmes semblent bien loin et futiles. Je fais des photos, j’immortalise ce moment. Je ne savais pas que ce serait les derniers.

En face, on peut observer le glacier des bossons et le glacier de Taconnaz, qui se séparent à la Jonction (une longue randonnée permet d’y accéder en été). L’aiguille du midi se dresse non loin au-dessus. Puis le Mont-Blanc du Tacul, le Mont-Maudit et enfin le Mont Blanc. À droite l’aiguille du Goûter et son refuge, la première étape avant l’ascension du plus haut sommet d’Europe. Le soleil se couche et les bouquetins viennent nous rendre visite ! Un moment exceptionnel et fugace. Après une toilette de chat, il est l’heure d’aller se coucher.

Vers 2h du matin je me réveille, la nuit est paisible et les températures ont bien chuté. Julian dort à poings fermés. À chaque bivouac, j’aime me retrouver seule face à l’immensité de la voix lactée. La lune est pleine et sa lumière se reflète intensément sur la neige éternelle. Pas besoins de lampe, on y voit comme en plein jour. Au loin des lucioles s’attaquent au géant de glace, ce sont les alpinistes partis du refuge des Cosmiques qui entament leur longue montée vers le sommet. J’immortalise le moment avec mon appareil photo. L’image est floue et j’utilise le peu de batterie qu’il me reste. J’aime tout de même beaucoup cette image. Je retourne me coucher, demain on doit encore marcher.

Le lendemain matin, la chaleur du soleil nous réveille. Il fait beau et sec, la rosée du matin s’est déjà évaporée, ce qui est plutôt inquiétant à cette altitude !. Les autres tentes au loin ont déjà disparu. On prend un rapide petit-déjeuner face au mont blanc, avant de refaire nos sacs. Aujourd’hui nous devons atteindre le sommet du Brévent, 300m plus haut. Le chemin suit une crête, à gauche on peut apercevoir un lac, et à droite la vallée de Chamonix et ses aiguilles. La randonnée se termine face au massif du Mont Blanc, à 2500m d’altitude. Une vue exceptionnelle sur toute la vallée de Chamonix et sur le massif des Fiz. À midi, Julian entame la descente en courant (il retourne chercher la voiture), tandis que je prends le téléphérique avec les deux sacs.

Pour cette micro-aventure nous avons eu un temps parfait. Il est rare qu’il fasse aussi chaud la nuit à 2000m, au point d’être en manque d’eau (pas de torrents, pas de rosée) ! Je suis impatiente de pouvoir repartir bivouaquer, seule ou avec quelqu’un d’autre. Malgré le contexte, je garde un bon souvenir de cette dernière sortie montagne avec lui.

Après quelque temps troublés, j’entame 2021 avec beaucoup d’espoir pour la suite. J’ai des projets dans la tête et un van à aménager ✨

Informations

👉🏻 Point de départ : Parking du parc animalier de Merlet, Les Houches

👉🏻 Distance : 5km

👉🏻 Dénivelés positif : 950m

👉🏻 Difficulté : modéré

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2 Comments

  1. Itinera Magica Reply

    J’adore Chamonix et cet endroit est sublime. Magnifique vision !
    Courage pour ta séparation et plein de bonnes choses ❤️

  2. Aww, on sent toute la nostalgie dans ton récit. Et c’est beau. Les photos sont sublimes, comme tes mots. ♥
     
    J’espère que tu pourras vite retourner bivouaquer !
    ♥ xxx

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