Nouvelle-Zélande : le bilan de mes 4 mois de road-trip - Louise Voyage

L’hiver tombe sur l’hémisphère nord. Je suis rentrée en avril dernier, il serait grand temps de faire le bilan de mes 4 mois en Nouvelle Zélande. Je pensais qu’en attendant quelques mois pour rédiger cet article, mon cerveau aurait le temps d’organiser et de trier mes sentiments. Loin de là, je flotte encore sur les souvenirs chauds de ce voyage.

Un voyage unique

Cet article ne vous parlera pas des choses indispensables à prendre, ou des lieux incroyables à voir. Ces mots ne vous expliqueront pas comment trouver un avion à moindre prix, ni comment passer votre certification « Self Contain ». Je ne vous dirai pas comment préparer votre road trip, ni même où trouver un job. J’ai commencé ce blog il y a 2 ans déjà. Petit à petit j’ai pris mes marques. J’ai commencé par faire « comme tout le monde » puis j’ai vite compris que le voyage ne se racontait pas en « top 10 » ou « choses indispensables à faire/à voir », quel que soit la destination et le temps du périple. Car le voyage c’est avant tout une expérience propre à chacun. Rien ne peut vous préparer à cette aventure mais rien ne doit vous empêcher de la réaliser.

Le départ

En novembre dernier je sautais le pas. Le 14 Novembre, je prenais l’avion pour l’autre bout du monde, laissant derrière moi ma famille, mon copain et mes amis. A cet instant j’avais la certitude d’abandonner ma vie, mon univers, mais aucune promesse de trouver de quoi le combler à l’arrivée. Finalement, je volais vers l’inconnu. Mais souvenez-vous :

Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre – Annemarie Schwarzenbach

4 mois, 12h de décalage horaire, un changement de saison, 11990 km parcourus tous transports confondus (voiture, bus, bateaux, marche), 7 woofing/helpx, un Noël, un nouvel an, des dizaines de rencontres : un an après je ne regrette rien.

L’exploration

Ce voyage fut une révélation, tant sur le pays en lui-même que sur moi-même. Ces 4 petits mois ont suffi à remplir mon cœur d’un bonheur infini. Chaque instant s’empreint d’une saveur nouvelle et l’extraordinaire intensité des expériences vécues est indescriptible. Mais j’ai la certitude que le voyage est avant tout une découverte profonde de soi. Être constamment en mouvement, l’effort physique, les épreuves et les coups durs émotionnels ont façonné et enrichi ma personnalité. Et ce n’est pas du courage qu’il faut pour entreprendre ce pèlerinage, mais de l’endurance et beaucoup de patience. J’ai appris à lâcher prise et profiter des instants simples, sans prévoir, en me laissant porter au gré des rencontres et des virages. La photographie m’a aidée à capturer ces merveilleux moments, mais quand je revois les clichés, ils me semblent encore trop vides de sens, trop fades et délavés comparé à l’instant disparu.

 Il y a tant de beauté dans le monde. Parfois j’ai l’impression qu’elle me submerge, de partout en même temps, mais c’en est trop. Mon cœur se remplit comme un ballon, prêt à exploser. Et là, je comprends qu’il faut que je lâche prise, que j’arrête d’essayer sans cesse de m’y raccrocher. Et ça glisse sur moi comme de la pluie. Et je ne peux plus rien éprouver d’autre que de la gratitude pour chaque instant de mon insignifiante petite vie. – American Beauty, Lester.

Le retour

Le fameux, retour ! Combien de voyageurs en parle ? Tant d’articles sur internet et souvent déprimants.
Pour moi, le retour fut un absurde mélange entre tristesse et frustration. Mon cerveau, rongé par des milliers de souvenirs, me poussait instinctivement, maladivement, à douter de mes capacités à affronter la routine de plein fouet. Toujours dans l’avion triste du retour, mon corps me criait déjà de repartir.

Et qui pourra comprendre ?
Rien n’avait changé, le monde que j’ai laissé n’a pas bougé. L’écrasante banalité de mes journées m’a lourdement rattrapée. Heureusement, j’ai eu la chance de trouver un job rapidement et de faire des weekends hors de Lyon, ce qui m’a permis de m’adapter tranquillement à la routine citadine. Les mois sont passés et je repense souvent à ce voyage. J’ai passé l’été à trier mes photos et monter mes vidéos. J’ai aussi vite pensé au prochain voyage, et en septembre dernier je suis partie dans les Dolomites en van aménagé (article bientôt). Bref, j’ai construit des projets, et j’ai rangé mes souvenirs.

Finalement, durant ce voyage, j’ai eu la vivace impression d’avoir vécu plusieurs années. J’ai un stock de souvenirs à craquer et une envie furieuse de recommencer. L’Hiver arrive. Et quand le ciel gris de la routine m’enveloppe et m’étouffe, ces mêmes souvenirs sont parfois difficiles à revivre, tel un puits sans fond qui nourrit ma nostalgie. Serait-ce l’inévitable malédiction du voyageur ?

Ps : Un livre m’a aidée à comprendre cette envie qui m’animait. Les citations en sont tirées. C’est celui d’Alexandra Lapierre et Christel Mouchard, Elles ont conquis le monde : les grandes aventurières 1850-1950.

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